Dangers en Baie du Mont Saint Michel

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26 octobre 2018 : une septuagénaire s’enlise jusqu’à la taille sur l’estran à Champeaux, elle est dégagée par des témoins...
21 juin 2018 : un homme qui entreprenait seul la traversée de la Baie à marée montante, traînant un vélo lourdement chargé, est sauvé par les secours...

Enlisement, marée montante, brouillard … quels sont les dangers de la Baie ?

Le brouillard
Les brouillards des grèves se forment surtout en automne ou au printemps. Ils sont bas et compacts, dispersant la lumière et étouffant les sons. Ils enveloppent le marcheur qui n'a plus de repères et erre sur l'estran sans trouver son chemin.

Dans son roman « La fée des grèves », Paul Féval décrit ainsi l' atmosphère anxiogène créée par le brouillard : « C'était un vrai brouillard, un brouillard à ne pas voir son nez (…). C'est quelque chose d'inerte et de lourd qui endort l’élasticité de l'air, c'est quelque chose de redoutable comme cette toile blanche qui s'appelle le suaire ».

Les sables mouvants
Les lises
Les lises
Les sables mouvants ou lises sont des poches de sable saturées d'eau que l'on trouve surtout près du lit des rivières . Ces zônes offrent une moindre résistance au marcheur : l'eau remonte à la surface sous l'action de son poids. Il sent tout d'abord le sol se dérober sous ses pas puis se trouve bloqué parfois jusqu'à la taille.

Michelet a raconté son expérience des sables mouvants : « Moi-même à pied, j'enfonçais. A chaque pas, je sentais un affreux clapotement, comme un appel de l'abîme qui me demandait doucement, m'invitait et m'attirait, et prenait par dessous. »



L'isolement
Banc de sable entre le Mont et Tombelaine à marée montante
Banc de sable entre le Mont et Tombelaine à marée montante
Vue de la côte, la Baie semble être une vaste étendue plate. Illusion ! Trois fleuves côtiers : la Sée, la Sélune et le Couesnon y divaguent, en creusant chaque jour de nouveaux chenaux qui isolent des bancs de sable.
Lors de la montée du flot, les eaux empruntent ces chenaux, encerclent les monticules de sable, puis les submergent piégeant les personnes qui espéraient y avoir trouvé refuge.
De plus, l'absence de relief apparent fait perdre la notion de distance : les promeneurs pensent toujours avoir le temps...

D'après Monmarché dans « Le Mont St Michel » : « La marée s'avance traîtreusement sur les grèves, sans avoir l'air de rien, elle pousse à l'avant garde une eau langoureuse (…) qui glisse sur le sable silencieusement. Derrière, c'est comme un frissonnement de rides rapides, de petites vagues pressées qui courent l'une après l'autre (…). Les chenaux, les bas-fonds s'emplissent d'abord, puis chaque protubérance est ainsi assiégée par surprise, cernée dans un mouvement tournant (…). On est distrait un instant et soudain on est stupéfait de l'espace conquis. » 

La noyade
L'enlisé
L'enlisé
Les noyades dans la Baie sont le plus souvent consécutives à un isolement ou un enlisement, en particulier en marées de vives eaux où la mer remonte très vite dans l'intervalle 3 à 5 heures après la basse mer et très haut ( la différence de niveau entre une haute mer et la basse mer suivante peut atteindre 14m).
De plus, à proximité du Mont, les lâchers d'eau du barrage programmés deux fois par jour, 6 heures après la pleine mer provoquent un élargissement et un fort débit du Couesnon.

Les orages
La flèche de l'abbaye
La flèche de l'abbaye
Dans la Baie, les conditions climatiques (pluie, vent, froid, chaleur) évoluent très rapidement. Le ressenti sur l'estran est bien différent de celui sur la côte. Il y est difficile de se prémunir des orages souvent imprévisibles. De violents orages ont ainsi provoqué l'incendie de l'abbaye à 12 reprises avant les travaux de reconstruction du clocher et de la flèche à la fin du XIX ème siècle.

Le Héricher en donne un aperçu dans son recueil « Mont Saint Michel, monumental et historique » :
« Ce sont des tonnerres ininterrompus, et des flamboiemens continus (…). L'électricité se dégage généralement en décharges sinueuses, en serpens de feu et non en lignes brisées et en zigzags. »

Dangers en Baie du Mont Saint Michel
Les dangers de la Baie sont réels. Des accidents se produisent chaque année, certains ont des issues heureuses, d'autres pas, mais tous mettent en péril les vies des sauveteurs.

Victime ou témoin d'un accident, il est urgent d'appeler les secours en faisant le 112.

Pour traverser la Baie, il est indispensable de s'adresser aux guides attestés de la Baie du Mont Saint Michel. Pour ceux qui souhaitent côtoyer les dangers de la Baie en toute sécurité, ils organisent aussi des sorties spéciales : patinage sur vase, remontée des fleuves, vasières, rencontre de la marée montante, enlisement, randos nocturnes ou sportives.




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